LA question que tout le monde vous pose!
Outre le fait de vouloir respecter le rythme naturel du jeune enfant concernant le langage, le sommeil, la continence… il y’ a une volonté de préserver ce très jeune enfant de la micro-société qu’est l’école, avec ses horaires, ses règles, ses codes, qui sont différents de ceux de la maison. Et surtout, une volonté d’offrir la possibilité de se construire de l’Intérieur auprès des siens dans un cadre sécure et bienveillant qu’est la maison. Renforcer les liens familiaux, savoir aller vers l’autre, valider ses acquis moteur, langagier, émotionnel, voilà tout l’enjeu de la petite enfance à mon sens.
Concernant mon aîné (qui a aujourd’hui 12 ans et demi!), le problème de la continence s’est posé alors que j’étais sur le point de l’inscrire en maternelle. Ne sachant plus quoi faire pour l’y préparer, j’ai jeté une bouteille à la mer…
« Mon 3 ans doit être continent pour la rentrée de septembre, au secours! J’ai déjà tout essayé, ils vont le refuser à l’école… »
« Appelle ma sœur, elle saura te conseiller », c’est ce que m’a dit ma copine O. Et là, quelques minutes de conversation, avec de vraies questions pointées du doigt, m’ont suffit à y voir beaucoup plus clair et à lever quelques freins. C’était décidé, avec le soutien et aide (coaching personnel!) de celle qui allait devenir une amie très chère, mon fils allait passer sa première année de maternelle à la maison. Oui, il m’a fallu des arguments « coup de poing » pour me convaincre aussi rapidement.
Première prise de conscience
Oui mais bon, qu’est ce qu’on allait bien fabriquer ensemble, toute la journée, tous les jours?? Je suis quelqu’un qui n’aime ni la présence d’enfants ni le monde des enfants, « de base ». Cette période a été une épreuve difficile pour moi car je ne me voyais pas faire du dessin, gommettes, peinture, jouer aux jeux imaginaires… Paradoxalement, mon fils était MA responsabilité. La responsabilité d’une âme. Ma première responsabilité. Il fallait bien que je me fasse aider car j’étais totalement perdue: je voulais le préserver du monde extérieur et en même temps impossible pour moi de le nourrir émotionnellement et intellectuellement; je perdais vite patience et aucune envie de m’occuper à temps plein d’un enfant. Je désirais ardemment continuer à lire et étudier…
Après quelques recherches sur internet, je tombe sur une formation Montessori dédiée aux 3-6 ans en présentiel, tout près de chez moi… Si ça ce n’est pas le Destin! « Cette tranche d’âge est parfaite pour commencer. Mon deuxième (qui a 14 moins de différence avec mon aîné) pourra en profiter! », je me disais.
Et effectivement, dès le premier jour de formation, tout se bouscule dans ma tête, un virage à 360° dans ma parentalité et ma personne! J’en prends plein les yeux (nous sommes dans une ambiance à la Maria Montessori avec du matériel Neinhuis de haute qualité), plein le cerveau (avec une formatrice géniale qui sort de l’Association Montessori Internationale) et plein le cœur (culpabilité due à l’ignorance « bonjour! ») الله أكبر
De l'ombre à la lumière
Je renais… J’apprends à observer, à sentir et ressentir ce qui nous entoure, à prendre mon temps, du temps de qualité, à me mouvoir tranquillement, à apprécier le silence, et surtout avoir beaucoup de
miséricorde pour le jeune enfant. Ce genre de choses que tu te dois te comprendre et faire pour pouvoir le transmettre à tes enfants. Donc, cette histoire de continence a été vite oubliée (pour l’anecdote, il a réussi à être continent de jour à l’âge de 4 ans et 3 mois…).
La vie suit son cours, et effectivement je vois mes deux petits (âgés alors de 3 et 2 ans) s’épanouir (malgré les crises/chamailleries à la maison), ils sortent tous les matins au parc profitant de l’absence des enfants scolarisés, nous faisons des activités manuelles, des sorties à la ferme, au marché, à la cueillette, entre autres, des sessions « cuisine/pâtisserie », des pique-nique improvisés, bref beaucoup de temps ensemble.
La vie quoi! Mais tout cela se produit avec un état d’esprit différent de celui de départ: le fait de subir le quotidien.
Ici, je ne parle pas de la pédagogie Montessori en particulier mais plutôt de l’impact qu’a eu la connaissance de certaines choses sur mon état d’esprit. Plus tard, lorsque je m’ouvrirai à d’autres pédagogies, je me rendrai compte du leitmotiv de toutes les pédagogies alternatives:
la place de l’éducateur et le respect de l’enfant.
Cet autre regard sur l’enfant, ces outils qu’on m’a transmis ainsi que le soutien entre mamans et professionnelles m’ont véritablement propulsée dans cette voie, et j’en suis tellement reconnaissante لله الحمد.
Voilà mon passage de jeune maman étudiante à homeschoolers mom!